R’embobinages 2025
Vendredi 7, samedi 8, et dimanche 9 février 2025
Tous les films sont précédés d’une présentation et suivis d’un échange avec le public, animé par Jean-Marc VIRET.
Entrée en salle uniquement avant le début du film
Bande annonce
Tarifs :
Entrée vendredi (film + conférence) : 6 €, tarif unique
Gratuit pour les moins de 18 ans :
Forfait 1 jour (samedi ou dimanche)
3 entrées cinéma + repas
– 18 ans : gratuit / Adhérents : 20 € / Non adhérents : 25 €
Forfait 2 jours (samedi et dimanche)
6 entrées cinéma + repas
-18 ans : gratuit / Adhérents : 35 € / Non adhérents : 45 €
Vendredi 7 février 2025
- 19h30 Accueil du public
- 20h00 LA NUIT DES FEMMES de Kinuyo TANAKA
suivi d’un échange avec Pascal-Alex VINCENT

20h: LA NUIT DES FEMMES de Kinuyo TANAKA (1961/Jap/n&b/Vostf) 90 mn
Après avoir adopté en 1956 une loi anti prostitution, le Japon met en œuvre un programme de réhabilitation des ex-prostituées. Kuniko, pensionnaire dans l’un de ces établissements, confronte sa détermination à changer de vie aux réticences de la société.
Kinuyo TANAKA, actrice adorée du public et réclamée par tous les grands cinéastes, réalisa 6 films de 1953 à 1962. La nuit des femmes, le 5ème, pose un regard précis, humble et sensible sur le parcours de ces femmes en marge de la société, qui n’est pas sans rappeler celui qu’a connu TANAKA elle-même au moment de devenir l’unique réalisatrice japonaise de son époque.
Séance suivie d’une conférence de Pascal-Alex VINCENT, maître de conférence et cinéaste enseignant à la Sorbonne Nouvelle.
Samedi 8 février
- 13h30 Accueil du public
- 14h20 DONNE MOI TES YEUX de Sacha GUITRY
- 16h50 I WALK THE LINE de John FRANKENHEIMER
- 19h15 Repas
- 20h40 LES AILES DU DESIR de Wim WENDERS

14h20: DONNE MOI TES YEUXde Sacha GUITRY (1943/fr/n&b) 90 mn
Sculpteur célèbre, François Bressoles tombe amoureux de la jeune femme qu’il a invitée à poser pour lui. De façon inexplicable, celle-ci voit son futur époux devenir de plus en plus désagréable à son égard.
Guitry a constamment exploré la situation de l’artiste au sein de la société. A commencer par son tout premier film de 1915 où se succèdent à l’image Rodin, Renoir, Degas, Saint-Saëns et bien d’autres. Il s’est également penché avec délectation sur la question des relations humaines et plus particulièrement amoureuses et conjugales. « Donne-moi tes yeux » est certainement le film qui associe au mieux ces deux thèmes majeurs et permet à la fiction de rejoindre les préoccupations autobiographiques de l’auteur, en temps réel.

16h50: I WALK THE LINEde John FRANKENHEIMER (1970/US/coul/vostf) 100 mn
Dans un comté rural du Tennessee, la vie du shérif Henry Tawes est rythmée par la routine professionnelle et la monotonie des traditions locales. L’apparition soudaine d’Alma, jeune femme vive et libre va faire naître chez cet homme presque éteint, un désir aussi intense qu’éphémère.
Frankenheimer s’est beaucoup intéressé au thème du destin, à la maîtrise sur celui-ci que l’homme peut opposer à la chance ou au hasard. Après avoir exploité le complot politico-militaire (« 7 jours en mai », « Un crime dans la tête » )et la paranoïa,(« Seconds » cf R’embobinages 2019) le cinéaste s’attache ici à des personnages ordinaires de l’Amérique profonde, très peu représentés jusqu’alors au cinéma. La belle photographie dans la lumière automnale du Tennessee, associée à la narration portée par les mots et la musique de Johnny Cash sont aussi révélatrices des sentiments que le jeu intense des premiers et seconds rôles.

20h40: LES AILES DU DESIR de Wim WENDERS (1987/ All/Coul et n&b/vostf) 130 mn
Damiel et Cassiel sont deux anges qui -depuis le ciel au dessus de Berlin- observent, écoutent, accompagnent et protègent les humains dont ils perçoivent la vie en noir et blanc. Peu à peu Damiel sent poindre en lui le désir de ressentir les conditions de la vie terrestre, au prix du renoncement à l’immortalité. La rencontre d’une belle trapéziste n’est pas étrangère à se bouleversement.
Comment décrire la beauté magnétique et envoûtante de ce film, unique en son genre ? Littéralement venues du ciel, la caméra de Wenders et la poésie de Peter Handke semblent elles-mêmes portées par les ailes de la grâce. Trois ans après la Palme d’or pour « Paris-Texas » Wenders nous offre une ode à la vie, à Berlin, au cinéma.
Dimanche 9 février
- 09h50 Accueil du public
- 10h00 L’ATALANTE de Jean VIGO
- 12h30 Repas
- 13h40 LE CIEL EST A VOUS de Jean GREMILLON
- 16h10 ELLE ET LUI de Léo Mac CAREY

10h: L’ATALANTEde Jean VIGO (1934/ fr/n&b) 85 mn.
Jean, marinier sur la Seine, marie Juliette, une fille de la campagne. Celle-ci embarque sur l’Atalante où le père Jules, matelot, son mousse et ses chats forment un équipage pour le moins pittoresque.Cette promiscuité accompagne les débuts de leur vie conjugale.
Truffaut déclarait que sur une liste personnelle et perpétuellement changeante des dix meilleurs films au monde, il lui était impossible d’oublier l’Atalante. L ‘écriture de ce film court, urgent révèle les pleins du réalisme et les déliés de la poésie. Film maudit déjà bien avant sa création, l’Atalante porte en lui la force brute et la beauté sauvage des enfants mal aimés.

13h40: LE CIEL EST A VOUS de Jean GREMILLON (1943/fr/n&b) 105 mn
La famille Gauthier s’installe dans une petite ville pour y ouvrir un garage qui ne tarde pas à prospérer.Pierre, ancien mécanicien de Guynemer est vite absorbé par son ancienne passion pour l’aviation et délaisse le garage. Thérèse, d’abord mécontente, en vient rapidement à partager sa passion et vouloir elle-même piloter.
Voici certainement le plus beau film de Gremillon , Artiste moderne voire avant-gardiste et manifestement non conformiste – jusqu’à défier la censure – il trace le portrait d’une femme libre et aventurière à l’heure où Vichy la voulait au foyer. Les sentiments forts et sincères qui unissent ce couple modeste sont dépeints avec une infinie justesse . En avance sur les mœurs de son temps, « Le ciel est à vous » vibre encore aujourd’hui d’une incroyable vivacité.

16h10: ELLE ET LUI de Léo Mac CAREY (1939/us/n&b/vostf) 90 mn
Au cours d’une traversée d’Europe vers l’Amérique, la chanteuse Terry Mac Kay rencontre le célèbre séducteur Michel Marnet. Le charme de ce dandy n’est pas très opérant, d’autant que l’une et l’autre sont promis au mariage à leur arrivée. Mais il reste sept jours de navigation sur ce paquebot, décidément plus petit que le monde.
Léo Mac Carey, novateur, passé maître en comédie screwball et burlesque (Laurel et Hardy, Marx Brothers) a développé un incomparable sens du rythme. C’est en le ralentissant pour cette comédie romantique qu’il donne aux sentiments le temps de s’épanouir. L’expérience d’une mise en scène légère et sans contrainte permet à Irene Dunne et Charles Boyer d’adopter un jeu très naturel inhabituel à cette époque.
Pour faciliter l’organisation,
la réservation et le paiement en ligne des places permettra aux cuistotes et cuistots de Léo de mieux vous servir. Merci
Amour et cinéma… Quelle idée! Est il possible de s’offrir un plus grand choix? Aucun cinéaste, aucun scénariste n’a pu s’exempter du plus beau, du plus universel des sujets, sans jamais en avoir pu faire le tour. Il y a les obsessionnels Hitchcock, les passionnés Bergman et Truffaut, les fétichistes Bunuel, les studieux Rivette, les expérimentaux Cassavetes, les romantiques Ophüls. Bref ! Il faut de tous les amours pour faire un monde cinéma. Passé le temps des « papillons dans le ventre » ,On oublie de manger, on ne sait plus dormir mais les rêves et la vie se confondent.Comme Truffaut le faisait dire à l’un de ses personnages «on sait qu’on est amoureux quand on agit contre son intérêt ». Passé l’âge de raison lors de sa 7ème édition, il semble naturel que ce 8ème R’embobinages accède aux grands sentiments. Ceux là même qui bouleversent tout et font que la vie n’est plus comme avant. Ce « plus comme avant » sera le guide de cette nouvelle programmation. Ce qui fait que ça marque, laisse une empreinte, impose une autre matrice aux nouveaux jours à vivre. Vous serez émus par les débuts idylliques d’un couple insouciant, chamboulés par le démon de midi d’un homme empêché, charmés par la forme la plus achevée de ce que l’amour permet : l’incarnation d’un ange. Il faut une rencontre pour qu’advienne ce changement. Il nous faut cette rencontre pour nous rendre compte de ce que ça fait… de n’être plus comme avant d’avoir vu un film.
Jean-Marc VIRET

Festival r’embobinages 2025





